Mon approche
1. Des outils et des références théoriques validés scientifiquement
Dès le début de mes études, il m’a paru essentiel de développer une pratique fondée sur les données probantes (evidence-based practice), s’appuyant sur les avancées théoriques, méthodologiques et techniques les plus récentes.
En santé mentale, les bonnes intentions ne suffisent pas. Il s’agit d’un impératif éthique et déontologique qui :
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Garantit la sécurité des personnes
Rester informée des dernières données issues de la recherche favorise les bonnes pratiques et permet d’assurer la sécurité et le bien-être des personnes accompagnées.
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Permet des pratiques adaptées à chaque problématique
Les connaissances et les méthodes évoluent constamment. Se former de manière continue assure des accompagnements personnalisés et efficaces, ajustés aux besoins spécifiques de chacun.e.
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Protège l’éthique professionnelle et favorise l’inclusion
Une pratique fondée sur la science encourage la reconnaissance de la diversité des individus, en tenant compte de leurs valeurs, croyances et contextes culturels.
2.Une pratique informée par les traumas (approche trauma-informée)
Une grande partie des personnes que j’accompagne ont vécu des événements traumatiques et des expériences adverses de l’enfance (ACE - Adverse Childhood Experiences) : violences physiques, psychologiques ou sexuelles, négligences, insécurité chronique, instabilité familiale, harcèlement, ruptures d'attachement soudaines, etc.
Ces événements peuvent s'être répétés, avoir été invisibilisés ou jamais avoir été reconnus par l’entourage ou par les institutions.
Les données de la recherche en psychotrauma montrent que l’exposition au traumatisme est fréquente et trop souvent sous-évaluée dans les parcours de soins.
L'approche trauma-informée inclut un repérage systématique du trauma, dès l’anamnèse et tout au long de la psychothérapie.
Trauma-informed : ce que cela signifie concrètement dans ma pratique
L'approche trauma-informée :
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Est est une pratique de travail qui reconnaît l'impact potentiel du traumatisme sur le développement d'une personne et cherche à éviter la re-traumatisation dans l'espace de soins.
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Les symptômes observés (anxiété, attaques de panique, impulsivité, dissociation, honte, retrait, hypervigilance, ruminations, effondrement de sens, etc.) sont compris comme des conséquences et des processus d’adaptation, et non comme des "défaillances " personnelles.
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Cette approche considère que les réactions émotionnelles, comportementales et physiologiques ont été logiques dans le contexte où elles se sont formées.
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N’attribue jamais la souffrance uniquement à la personnalité : elle analyse d’abord l’environnement, les événements vécus et les modes de survie qui se sont mis en place.
Cette posture vise à ne pas céder à la norme d’internalité, un biais socio-cognitif très présent dans les sociétés occidentales, consistant à expliquer les difficultés psychiques seulement par des causes internes (“traits”, “caractère”, “fragilité”), alors que les réactions observées sont très souvent des réponses normales à des situations anormales.
En d’autres termes :
la personne n’est pas “le problème”. Le contexte traumatique, lui, a façonné des mécanismes de protection qui, désormais, sont devenus coûteux mais jamais irrationnels.
3.Les psychothérapies que j'utilise
Parmi les psychothérapies validées scientifiquement, je m’appuie principalement sur les approches issues des TCC de deuxième et de troisième génération (thérapies comportementales, cognitives et émotionnelles), notamment :
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La TCC classique (Thérapie Comportementale et Cognitive), centrée sur l’analyse des interactions entre pensées, émotions et comportements, et l’apprentissage de stratégies concrètes pour mieux réguler les difficultés psychiques.
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La Thérapie des Schémas (Young, 2003), qui s'adresse aux personnes souffrant de schémas relationnels ou émotionnels qui se répètent, souvent en lien des expériences précoces de négligence, de maltraitance et/ou de traumatisme complexes. Elle vise à comprendre et à modifier les réponses cognitives, émotionnelles et comportementales face à des " situations déclencheurs", dites aussi des "situations triggers".
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L’ACT : Thérapie d’Acceptation et d’Engagement (Acceptance and Commitment Therapy, Hayes et al., 1999), qui vise à faire changer la relation que nous pouvons avoir à l'égard de nos pensées et de nos émotions douloureuses. Une grande partie de son objectif est axé sur le développement de comportements davantage centrés sur les valeurs.
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La DBT : Thérapie Comportementale Dialectique (Dialectical Behavior Therapy, Linehan, 1993), particulièrement indiquée dans la régulation émotionnelle, les troubles de l’impulsivité, les comportements auto-dommageables et la difficulté à tolérer la détresse émotionnelle.
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L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), formée auprès de l'Institut Français d'EMDR. Cette méthode est recommandée par :
- L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
- La Haute Autorité de Santé (HAS) pour le traitement du trouble de stress post-traumatique (TSPT) et d’autres traumatismes psychiques.
Une approche imprégnée des valeurs du rétablissement en santé mentale
Depuis plusieurs années, la communauté scientifique promeut une nouvelle façon d’envisager la santé mentale : le rétablissement, et non plus "la guérison".
Le rétablissement en santé mentale considère que la souffrance et les troubles psychiques font partie de l’expérience humaine normale.
Tout comme la santé physique, la santé mentale varie au cours de la vie, selon les événements, les contextes et les interactions entre facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux.
Déstigmatiser la santé mentale
Les troubles psychiques ne sont pas des anomalies : ils représentent des déséquilibres temporaires d’un fonctionnement humain normal.
Parler de rétablissement plutôt que de guérison, c’est reconnaître qu’après une épreuve ou un trouble, il y a un avant et un après, et que la reconstruction peut mener à une vie plus consciente et plus alignée.
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Une posture collaborative : le savoir partagé
Je tiens à inclure la psychoéducation dans ma pratique afin d’aider chaque personne à comprendre ce qu’elle vit et à devenir experte de sa propre expérience.
L’objectif : renforcer le pouvoir d’agir, l’espoir et la confiance en ses capacités.
Les recherches montrent que comprendre et participer activement à sa prise en charge améliore la santé mentale, renforce le sentiment de maîtrise et soutient le rétablissement durable.
Redonner à la santé mentale la place qu’elle mérite
En tant que psychologue et formatrice, je souhaite contribuer à réduire la désinformation et les préjugés qui entourent encore la santé mentale.
Trop souvent, des représentations stigmatisantes persistent :
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les “faibles” opposés aux “forts”
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la dépression associée à un manque de volonté
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ou encore la croyance qu’il suffit de “vouloir pour pouvoir”.
Ces idées reçues empêchent le repérage précoce et découragent la demande d’aide, alimentant honte et isolement.
Or, ne pas être pris en charge à temps peut conduire à une chronicisation des difficultés ou, dans les situations les plus graves, à un désespoir pouvant mener à la crise suicidaire.
