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Articles en psychologie et sciences du comportement

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Dans cet article, l’expression « femmes cisgenres et personnes socialisées comme filles » renvoie à des trajectoires de socialisation genrée, indépendamment de l’identité de genre qu’une personne peut avoir actuellement. L’analyse porte sur les effets psychologiques et relationnels de cette socialisation dans un contexte marqué par des biais sexistes persistants, tels que documentés par la recherche en psychologie sociale, développementale et clinique.


Introduction


Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) demeure encore largement sous-diagnostiqué et mal interprété chez les femmes cisgenres et les personnes ayant été socialisées comme filles (Quinn & Madhoo, 2014 ; Rucklidge, 2010 ; Young et al., 2020).


Les données scientifiques mettent en évidence un point central au sein de cette population : au-delà du manque de formation de nombreux professionnel.lle.s au repérage précoce des troubles neurodéveloppementaux, c’est surtout la manière dont les manifestations du TDA/H sont interprétées qui contribue au retard diagnostique (Asherson et al., 2016).


Les manifestations du TDA/H peuvent être disqualifiées, minimisées, voire instrumentalisées dans un contexte social structuré par des biais sexistes persistants, où les difficultés cognitives et émotionnelles des personnes socialisées comme filles sont plus volontiers essentialisées (c’est-à-dire interprétées comme des traits intrinsèques, stables et constitutifs de leur identité), que reconnues comme l’expression d’un fonctionnement neurodéveloppemental atypique (Becker et al., 2017 ; Ussher, 2011).


L’importance d’une évaluation clinique globale lors des premières consultations


Lorsqu’elles consultent tardivement, les personnes concernées sollicitent rarement que pour des difficultés strictement attentionnelles ou exécutives (désorganisation, dispersion, indécision, difficultés de régulation émotionnelle). La demande initiale porte le plus souvent sur un mal-être psychologique diffus, un épuisement profond, une perte de confiance en soi ou des difficultés relationnelles persistantes (Quinn & Madhoo, 2014).


Dans les situations les plus problématiques, après des relations conjugales asymétriques et violentes, leur TDA/H a pu progressivement faire l’objet d’une requalification sexiste et stéréotypée. Le trouble fut alors perçu comme l’expression d’une fragilité intrinsèque, d’une émotivité excessive, d’une instabilité plutôt que reconnu comme l’expression d’un trouble neurodéveloppemental (Stark, 2007 ; Karakurt & Silver, 2013).


Cette réalité clinique souligne l’importance d’une évaluation globale, intégrant non seulement les dimensions neurodéveloppementales, mais également les facteurs psychologiques, relationnels et contextuels. Elle ne peut être comprise sans interroger la responsabilité des biais sociocognitifs sexistes, la socialisation de genre et ce qu’elle implique en termes de stéréotypes, ainsi que les normes et rapports de domination encore largement tolérés au sein du couple hétérosexuel et plus largement de la société française (Hyde, 2014).


Le retard diagnostique pousse à se croire responsable de ses difficultés


Ce retard diagnostique constitue un facteur de risque psychologique majeur, car il favorise l’intériorisation de la faute et l’installation d’une autocritique chronique, dans un contexte occidental où les normes de genre encouragent fortement l’internalisation des difficultés chez les personnes socialisées comme filles (Else-Quest et al., 2006).


Les situations perçues comme des échecs (désorganisation, oublis, difficultés relationnelles) sont alors majoritairement expliquées par des attributions causales internes, souvent perçues comme stables et globales, - « je suis incompétente », « je suis instable », « je ne fonctionne pas normalement » -, plutôt que par une compréhension neurodéveloppementale ou contextuelle des difficultés (Mezulis et al., 2004).


Socialisation de genre et mode Parent critique / exigeant internalisé : un mécanisme bien documenté


La recherche en psychologie sociale et développementale montre que la socialisation féminine encourage davantage, chez les personnes ayant connu une socialisation de genre féminin, des processus d’auto-surveillance, de responsabilisation émotionnelle, d’adaptation prioritaire aux besoins d’autrui et d’intériorisation des échecs (Hyde, 2014 ; Else-Quest et al., 2006).


Dans le cadre de la thérapie des schémas, ces expériences répétées constituent un terrain favorable à l’internalisation d’un mode Parent critique et/ou exigeant (Young, Klosko & Weishaar, 2003 ; Bach et al., 2018).


Un mode désigne un état émotionnel et cognitif activé dans l’instant, combinant des affects, des pensées automatiques et des tendances comportementales héritées d’expériences précoces. Le mode Parent critique/exigeant se manifeste par des injonctions internes de type « tu devrais mieux faire », « ce n’est pas suffisant » ou « tu dois te contrôler davantage », et par une faible tolérance à l’erreur ou à l’imperfection.


Chez les personnes avec TDA/H ayant connu une socialisation féminine, les manifestations du trouble viennent alors alimenter ce mode interne, non pas parce qu’elles traduiraient une fragilité individuelle, mais parce qu’elles sont fréquemment lues, dans un contexte sexiste, comme des signes d’instabilité, de manque de contrôle ou d’une imperfection personnelle (Becker et al., 2017).


Parent critique/exigeant internalisé et assignations sociales de rôle


Ce mécanisme est socialement produit. Il contribue à la consolidation durable d’un Parent critique/exigeant internalisé, favorisant une autocritique persistante, une honte internalisée et un affaiblissement progressif du mode Adulte sain, c’est-à-dire de la capacité à se réguler, s’auto-soutenir, s’auto-ajuster et poser des limites protectrices dans un contexte où certaines assignations sociales de rôle et de place, notamment l’effacement de soi, la conformité et l’adaptation aux attentes d’autrui, demeurent socialement valorisées (Young et al., 2003 ; Hyde, 2014).


Hystérisation des affects et biais sexistes masculins


Les travaux sur les biais de genre en psychiatrie montrent que les expressions émotionnelles des personnes socialisées comme filles sont plus rapidement psychologisées, disqualifiées et pathologisées, en particulier lorsqu’elles s’écartent des normes de contrôle émotionnel attendues (Becker et al., 2017).


Cette dynamique s’inscrit dans une continuité historique avec l’ancienne notion d’« hystérie », dont les formes contemporaines persistent sous des catégories cliniques plus acceptables mais conceptuellement proches.


Les affects sont alors interprétés comme excessifs, irrationnels ou incontrôlables, indépendamment de leur fonction adaptative ou de leurs déterminants neurobiologiques (Ussher, 2011).


Dans le cadre du TDA/H, cette hystérisation des affects contribue à occulter le caractère neurodéveloppemental du trouble, au profit d’interprétations moralisantes, relationnelles ou caractérielles. Elle participe ainsi au maintien des biais diagnostiques, à la stigmatisation des personnes concernées et à la consolidation d’une lecture genrée des difficultés cognitives et émotionnelles (Philipsen et al., 2008).


Autocritique, honte et schémas précoces inadaptés


La thérapie des schémas permet de comprendre comment des expériences répétées d’invalidation, de disqualification et de responsabilisation excessive s’organisent en structures cognitivo-émotionnelles durables, appelées schémas précoces inadaptés (Young et al., 2003).


Le schéma d’imperfection / honte


Il se caractérise par la croyance stable :


" Il y a quelque chose de fondamentalement défectueux chez moi."


L’autocritique chronique constitue un facteur central de ce schéma, largement documenté dans la littérature scientifique. Elle est fortement associée aux troubles internalisés, notamment l’anxiété et la dépression, et favorise une interprétation identitaire des difficultés : le problème n’est plus situationnel ou contextuel, mais perçu comme inhérent à la personne (Thimm, 2010 ; Bach et al., 2018).


Chez les femmes cisgenres avec TDA/H, ce schéma est fréquemment renforcé par :


– le retard diagnostique (Young et al., 2020),

– la pathologisation genrée des émotions (Becker et al., 2017),

– l’internalisation des reproches liés aux difficultés attentionnelles et exécutives (Quinn & Madhoo, 2014).


Le schéma de dépendance / incompétence


Il repose sur la croyance :

"Je ne peux pas fonctionner correctement sans l’aide d’autrui."


Ce schéma se développe lorsque la personne doute durablement de ses capacités à prendre des décisions, à organiser sa vie ou à faire face aux exigences du quotidien.


Dans les relations de couple, il favorise la recherche ou l’acceptation de partenaires perçus comme plus rationnels, plus structurés ou plus compétents. Cette dynamique peut renforcer des relations asymétriques, dans lesquelles la délégation progressive du pouvoir décisionnel est normalisée (Stark, 2007).


Le schéma d’exigences élevées : une compensation coûteuse


Le schéma d’exigences élevées repose sur la croyance implicite que :

"Je dois en faire toujours plus, être irréprochable et ne jamais faillir pour être légitime."


Chez les femmes cisgenres avec TDAH, ce schéma fonctionne fréquemment comme une stratégie de compensation face aux difficultés attentionnelles et exécutives (Young et al., 2003). Il se traduit par :


– un perfectionnisme très fort,

– une auto-surveillance constante,

– une intolérance à l’erreur,

– une difficulté majeure à se reposer ou à accéder à l’auto-compassion.


Si cette stratégie peut permettre un fonctionnement apparent à court terme, elle s’accompagne à moyen et long terme d’un coût psychologique et émotionnel élevé : épuisement, burn-out, anxiété chronique et effondrement des capacités adaptatives (Bach et al., 2018).


Quand les biais sexistes transforment la relation en levier de domination


Dans certaines configurations, le partenaire masculin peut être progressivement investi comme figure de compensation : celui qui décide, structure, corrige et valide. La relation est alors vécue comme une compensation du handicap, renforçant l’idée qu’il serait impossible de fonctionner seule avec un TDA/H ou avec les difficultés vécues lorsqu’il n’y a pas de diagnostic (Stark, 2007).


Cette dynamique s’inscrit dans un contexte culturel occidental où le couple est fortement sur-idéalisé et présenté comme un vecteur central d’accomplissement, de stabilité et de croissance personnelle. Cette valorisation du couple contribue à normaliser des asymétries relationnelles, en rendant moins visibles, voire acceptables, des rapports de pouvoir, de contrôle ou d’infantilisation, dès lors qu’ils s’inscrivent dans un cadre conjugal perçu comme protecteur ou structurant (Stark, 2007).


Lorsque le partenaire adopte des comportements de dénigrement, d’invalidation ou d’infantilisation, la violence psychologique s’installe de manière progressive et insidieuse.


Elle est d’autant plus efficace qu’elle s’appuie sur des doutes déjà présents, socialement produits, concernant les capacités cognitives, émotionnelles ou décisionnelles de la personne concernée (Karakurt & Silver, 2013).


Violence psychologique et atteinte de l’agentivité


La violence psychologique agit prioritairement sur trois dimensions centrales du fonctionnement psychologique :


– la confiance cognitive, entendue comme la capacité à se fier à ses propres perceptions, à sa mémoire, à son raisonnement et à ses interprétations de la réalité ;

– la capacité de jugement ;

– le sentiment d’agentivité.


La confiance cognitive constitue la cible principale du gaslighting, c’est-à-dire de l’ensemble des stratégies relationnelles visant à mettre en doute la validité des perceptions, des émotions et des raisonnements d’une personne (Sweet, 2019).


Par des remarques répétées, des inversions de responsabilité ou des dénégations de la réalité vécue, la dénigration installe progressivement un doute chronique quant à la légitimité de ce qui est pensé, ressenti ou décidé.


Avec le temps, ce processus tend à s’internaliser sous la forme d’un auto-gaslighting : la personne anticipe la disqualification, invalide elle-même ses perceptions (« j’exagère », « je me trompe », « je dramatise ») et renonce progressivement à se fier à son propre jugement (Sweet, 2019).


Ce mécanisme affaiblit directement l’autonomie décisionnelle et renforce les schémas de dépendance et de honte, au détriment de la capacité à se positionner comme sujet actif de sa propre vie (Pugh & Farrell, 2021).


Chez les personnes avec TDA/H, ces effets sont potentialisés, non pas en raison du trouble lui-même, mais du contexte d’invalidation dans lequel il est interprété et vécu. La violence psychologique ne crée pas les difficultés, elle exploite et amplifie des vulnérabilités construites socialement, en s’appuyant sur des normes de genre et des rapports de pouvoir encore largement tolérés (Karakurt & Silver, 2013).


Conclusion : transformer les normes et faire évoluer les représentations sociales


Les femmes cisgenres et les personnes socialisées comme filles avec un TDA/H ne sont ni instables, ni incompétentes, ni dépendantes par nature. Si elles en viennent parfois à se percevoir ainsi, ce n’est pas le reflet de leur fonctionnement réel mais l’aboutissement d’un long processus d’invalidation, inscrit dans un contexte social, relationnel et clinique encore profondément traversé par des biais sexistes persistants.


Mettre en lumière ces mécanismes permet de déplacer le regard : quitter une lecture centrée sur un supposé déficit individuel pour interroger les normes sociales, relationnelles et genrées qui orientent l’interprétation du TDA/H, structurent les rapports de pouvoir et rendent certaines formes de domination psychologique socialement tolérables, voire invisibles.


L’enjeu n’est donc pas de corriger ou de « réparer » les personnes concernées, mais de questionner les cadres éducatifs, relationnels et professionnels qui continuent de pathologiser les troubles neurodéveloppementaux, et en particulier le TDA/H, lorsqu’ils s’expriment chez des personnes socialisées comme filles. C’est à ce niveau, celui des normes, des représentations et des pratiques, que se situe le véritable levier de prévention de la violence psychologique et de restauration de l’agentivité au sein de cette population.

 


 
 
 

Les stéréotypes interviennent de façon incontournable dans le processus perceptif humain puisque nous les utilisons pour organiser notre perception de la réalité sociale.


On les définit comme des catégories descriptives simplifiées par lesquelles nous cherchons à situer autrui ou des groupes d’individu.


Leur contenu est constitué d’un ensemble de croyances construites socialement, fonctionnant comme des filtres entre la réalité objective et l’idée que l’on s’en fait.


Le processus de catégorisation sociale n’est pas aléatoire et intervient toujours dans un contexte socioculturel donné acquis à travers l’éducation, la transmission socio-culturelle des croyances, les interactions avec autrui, l’exposition à certains médias, ect.


Mais à quoi servent-ils ?


Nous avons déjà souligné leur fonction cognitive : ils nous permettent de simplifier et de réduire la complexité des données de l’environnement social.


S’y ajoute une fonction épistémique : ils servent à expliquer et comprendre dans le but de donner du sens à la réalité et asseoir un sentiment de maitrise de l’environnement. Ils nous permettent de naviguer dans la réalité sociale comme s'ils étaient des repères.


Ils ont aussi une fonction identitaire : les individus cherchent à accroitre leur estime de soi, ce qui passe aussi par une identité sociale positive résultant de comparaisons favorables entre leur groupe et des exogroupes perçus comme pertinents.



Enfin, ils ont une fonction justificatrice, que l’on peut décliner en 3 dimensions :


1) une justification de soi : les stéréotypes permettent de justifier une attitude, un comportement


2) une justification de groupe : ils servent à justifier les attitudes, les positions, le statut social ou les actions (per exemple les discriminations) réalisées par l’endogroupe à l’égard de l’exogroupe


3) une justification du système socioculturel :


Ils contribuent à persévérer l’organisation sociale existante et à justifier le maintien de l’idéologie, des inégalités, des hiérarchies sociales, de la divisions des rôles sociaux, de la distribution des richesses, mais aussi des droits.



A retenir :


Les stéréotypes prennent toujours place dans un contexte socio-culturel donné et nous donnent des indications sur les relations qui se jouent entre les différents groupes sociaux en présence de contexte. Ils sont donc le reflet d’un certain ordre social.


Bibliographie :


  • Fonctions des stéréotypes (cognitive, épistémique, identitaire) :Deschamps, 1977

  • Fonction justificatrice des stéréotypes : Jost & Banaji, 1994

  • Théorie de la dominance sociale : Sidanius & Pratto, 1999

 
 
 


En dépit de la loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », visant à améliorer leur participation citoyenne et leur insertion socioprofessionnelle, les personnes en situation de handicap demeurent défavorisées en matière d’emploi en dépit des dispositifs législatifs.


Des études expérimentales en Psychologie sociale ayant comparé la perception des candidat(e)s en condition “valides” ou “handicap physique” ont montré qu’à compétences égales, les candidat(e)s dont le CV comportait la mention “handicap” avaient significativement moins de chance d’être recruté(e)s, victimes ainsi d’un phénomène discriminatoire.


Il s’agit d’une mise à l’écart sur la simple base d’une particularité catégorielle perçue et d’une appartenance groupage (ici le handicap physique).


Il faut cependant noter que ces travaux se sont surtout focalisés sur une forme particulière de handicap : le handicap physique, comme par exemple la perception visuelle d'une personne en fauteuil roulant.


Or, les attitudes et comportements à l’égard des personnes en situation de handicap peuvent varier considérablement selon la nature de la déficience . Ainsi, les personnes en situation de handicap physique sont généralement évaluées plus positivement que les personnes qui ont une déficience mentale ou neurologique.


La notion de perceptions catégorielles est ici importante car les stéréotypes nous informent de la façon dont on perçoit le monde par un découpage structuré de l’environnement social.


Pourquoi un tel découpage ?


Initialement, le processus de catégorisation est issu des travaux de psychologie cognitive sur la perception visuelle de la réalité physique.


Le système cognitif des individus n’étant pas en capacité de traiter l’abondance des informations de l’environnement doit, afin d’éviter la saturation cognitive, simplifier la réalité dans le but de s’en saisir avec plus de facilité.


Il en va de même pour la réalité sociale.


Les stéréotypes s’apparentent ainsi à des raccourcis mentaux pour se forger une impression rapide d’autrui.


Les stéréotypes interviennent de façon incontournable dans le processus perceptif humain puisque nous les utilisons pour organiser notre perception de la réalité sociale.


Ils sont des catégories descriptives simplifiées par lesquelles nous cherchons à situer autrui ou des groupes d’individus.


Leur contenu est constitué d’un ensemble de croyances construites socialement, fonctionnant comme des filtres entre la réalité objective et l’idée que l’on s’en fait.


Le processus de catégorisation sociale n’est pas aléatoire et intervient toujours dans un contexte socioculturel donné acquis à travers l’éducation, la transmission socio-culturelle des croyances, les interactions avec autrui, l’exposition à certains médias, ect.


Les stéréotypes sont liés à notre identité sociale. Dès lors que deux individus interagissent, c’est aussi des éléments internalisés de leur groupe social qui se rencontrent.


La place qu’occupe un individu dans la société, son rôle ou encore son statut vont activer des éléments de connaissances en fonction du groupe social qui lui est attribué.


Cette perspective suppose qu’il y aurait, immédiatement dans la rencontre avec autrui, une activation des stéréotypes et des préjugés (à valence positive ou négative) liés à la connaissance que nous avons de son groupe.


En quelques traits, les stéréotypes permettent de dresser un portrait opérationnel d’un groupe cible et supposent de servir de guide pour l’action car ils permettent aux individus de savoir quelle conduite tenir face à la cible.


Mais ce processus implique une déformation de la perception de la réalité au travers d’un double biais cognitif :


l’assimilation et le contraste


L’assimilation consiste a exagérer les similarités entre les membres d’une catégorie (“ les touristes sont tous(es) impoli(e)s ”) et le contraste consiste à percevoir les différences entre les membres de catégories différentes comme plus importantes qu’elle ne le sont réellement.


Conséquences : on perçoit le “nous” et les membres de notre groupe comme davantage différents des uns des autres (biais d’hétérogénéité de l’endo-groupe), alors que “eux” sont toustes pareils (biais d’homogénéité de l’exo-groupe).


Les membres de l’autre groupe seront donc perçus comme étant interchangeables et plus susceptibles d’être englobés dans des stéréotypes, de subir des comportements discriminatoires et de la stigmatisation sociale.



Bibliographie :

  • Stéréotypes, préjugés et discriminations : Fisk, 2008

  • Stéréotypes en tant que filtres de perception : Légal & Delouvée, 2008

  • Stéréotypes et cognition sociale : Leyens, Yzerbyt & Scharden, 1996

  • Variations des attitudes et des comportements en fonction de la nature du handicap : Stone & Colella, 1996

  • Evaluation davantage positive pour le handicap physique, comparativement au handicap neurologique : Gouvier, Sytsma-Jordan & Mayville, 2003

 
 
 

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